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Comprendre ses états financiers : la différence entre opérer son entreprise et gérer son entreprise

Dernière mise à jour : il y a 1 jour

Il y a une scène que je vois revenir souvent chez les propriétaires d’entreprise.


L’année a été chargée. L’équipe a travaillé fort. Les ventes ont roulé. Le dirigeant a couru partout, réglé des problèmes, répondu aux urgences, porté l’entreprise à bout de bras. Puis arrive la fin d’année. Les états financiers sortent. Et là, le malaise s’installe.


Les résultats sont plus bas que prévu. Le bénéfice n’est pas au rendez-vous. Les liquidités sont plus serrées qu’on le pensait. Et la réaction est souvent la même : je ne comprends pas. On travaille pourquoi finalement??!!


C’est exactement là que le vrai problème apparaît.

Dans beaucoup de PME, le problème n’est pas l’absence d’effort. Le problème, c’est l’absence de compréhension. On peut confier la tenue de livres. On peut déléguer la comptabilité. On peut s’appuyer sur un comptable compétent. Mais on ne peut pas déléguer complètement la compréhension de ce qui se passe dans l’entreprise.


Comprendre ses chiffres, ce n’est pas une affaire réservée aux comptables. C’est une responsabilité de gestion. Et tant qu’un dirigeant ne comprend pas réellement ses états financiers, ses marges, ses coûts et ses indicateurs, il travaille fort sans toujours savoir si ses efforts produisent vraiment les bons résultats.


Comprendre ses états financiers


Comprendre ses chiffres, ce n’est pas faire la comptabilité

Il faut faire une distinction importante.


Comprendre ses chiffres ne veut pas dire faire soi-même toutes les écritures comptables, préparer les états financiers ou devenir expert en fiscalité. Ce n’est pas ça qu’on demande à un propriétaire d’entreprise.


Ce qu’on lui demande, c’est de comprendre ce que les chiffres révèlent sur son entreprise.

Est-ce que l’entreprise est réellement rentable?

Est-ce que les ventes génèrent assez de profit pour payer le reste de frais d’exploitation?

Est-ce que les frais fixes sont trop lourds?

Est-ce que j’ai les liquidités pour acheter tel ou tel machine?

Est-ce que la croissance est saine ou dangereuse?

Est-ce que les décisions prises depuis quelques mois améliorent ou détériorent la situation?


Ça, ce sont des questions de gestion.


Un propriétaire peut très bien déléguer la production des chiffres mais ne doit jamais déléguer leur compréhension. Parce qu’au final, ce n’est pas le comptable qui prend les décisions au quotidien. Ce n’est pas lui qui fixe les prix, accepte les contrats, autorise les dépenses, embauche, investit ou corrige les écarts. Ça, c’est le rôle du dirigeant.


Travailler fort ne garantit pas les bons résultats

C’est souvent là que le choc se produit.

Beaucoup de propriétaires associent naturellement l’intensité du travail à la qualité des résultats. Ils ont travaillé plus, ils ont vendu, ils ont été occupés, ils ont réglé des urgences du matin au soir. Dans leur tête, l’entreprise devrait donc avoir bien performé.


Mais une entreprise peut être très occupée et peu rentable.


C’est justement la problématique principale que je rencontre sur le terrain. Je vois souvent des dirigeants qui travaillent de plus en plus fort, dont les ventes augmentent de façon importante, mais qui font malgré tout de moins en moins d’argent. Pourquoi? Parce qu’ils opèrent l’entreprise au quotidien, mais ne la gèrent pas vraiment. Ils avancent avec leur machine, ils la font rouler sans arrêt, mais sans prendre le temps de l’entretenir, de faire les vérifications nécessaires et de s’assurer qu’elle pourra réellement les mener à bon port. Pourtant, une entreprise peut être très occupée et peu rentable. Elle peut vendre beaucoup et manquer de liquidités. Elle peut croître rapidement et s’affaiblir. Elle peut remplir son horaire et perdre de l’argent.


Le mouvement ne garantit pas la performance. L’effort ne garantit pas la rentabilité. Être débordé ne veut pas dire que l’entreprise est bien gérée.

C’est pour ça que tant de dirigeants arrivent à la fin de l’année avec un sentiment d’incompréhension. Ils ont tout donné, mais les résultats ne reflètent pas ce qu’ils croyaient avoir construit. Et souvent, ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas travaillé assez. C’est parce qu’ils ont piloté l’entreprise sans lire clairement les signaux financiers en cours d’année.


Une erreur fréquente qui coûte beaucoup plus cher qu’on le pense

Il y a des notions de base qui ont un impact énorme sur les résultats, même si elles ont l’air simples à première vue.


Une des plus fréquentes, c’est la différence entre une majoration sur les coûts et une marge de profit sur les ventes.


Et pourtant, facilement un propriétaire sur deux mélange encore les deux.

Prenons un exemple simple. Si un produit ou un projet coûte 100 $ et qu’on ajoute 25 % de majoration, le prix de vente devient 125 $. Plusieurs croient alors qu’ils ont une marge de profit de 25 %. Ce n’est pas le cas. Sur une vente de 125 $ avec un coût de 100 $, la marge réelle sur les ventes est de 20 %.


Sur une petite transaction, l’écart peut sembler limité.

Sur un volume de ventes de plusieurs millions, la différence devient majeure. Par exemple, pour des ventes de 1 million de dollars, l’écart représente 50 000 $ de moins dans vos poches.


Le danger, ce n’est pas seulement l’erreur technique. Le danger, c’est qu’un dirigeant peut construire ses prix, ses soumissions et ses objectifs de rentabilité sur une compréhension incomplète. Il croit protéger son profit, alors qu’en réalité il le gruge tranquillement.

Et c’est exactement ce genre d’erreur qui mène aux mauvaises surprises de fin d’année.


Le comptable a un rôle important, mais ce n’est pas celui de gérer l’entreprise à votre place

J’entends régulièrement des commentaires comme ceux-ci : pourquoi mon comptable ne m’a pas dit ça? Pourquoi mon comptable ne m’a pas averti plus tôt?


La question se comprend. Mais elle repose souvent sur une attente qui n’est pas réaliste.

Le comptable joue un rôle essentiel. Il s’assure que l’information financière est bien compilée. Il produit des états financiers conformes. Il veille aux obligations comptables et fiscales. Son rôle est important et indispensable.


Mais il ne vit pas l’entreprise de l’intérieur chaque jour.

Ce n’est pas lui qui voit toutes les soumissions passer.

Ce n’est pas lui qui suit chaque écart de coûts sur le terrain.

Ce n’est pas lui qui constate en temps réel qu’un type de contrat rapporte moins que prévu.

Ce n’est pas lui qui décide quand embaucher, investir, ralentir ou corriger.

Ce n’est pas lui qui pilote les opérations.


Il faut donc arrêter de confondre comptabilité et gestion financière.

La comptabilité sert à compiler, structurer et présenter l’information.


La gestion financière sert à interpréter cette information pour décider, corriger, prévoir et diriger.


Un dirigeant qui attend de son comptable qu’il joue le rôle de gestionnaire financier à sa place se place souvent dans une posture de dépendance. Et cette dépendance finit par coûter cher.


Ne pas comprendre ses chiffres, c’est aussi se rendre vulnérable

Il y a un autre enjeu, plus délicat, mais très réel.


Quand un propriétaire ne comprend pas suffisamment ses chiffres, il devient plus vulnérable. Vulnérable aux erreurs. Vulnérable aux mauvaises décisions. Vulnérable aux écarts qu’il ne voit pas. Et parfois, vulnérable à la fraude.


On voit encore des entreprises qui accordent une confiance aveugle à la personne qui fait la tenue de livres à l’interne. Au départ, cette délégation semble normale. Puis, tranquillement, cette personne ne fait plus seulement de la saisie. Elle gère les paiements, les suivis, certains accès, certaines validations et une partie de l’information financière stratégique.


Le propriétaire, lui, continue d’avoir confiance. Mais il ne comprend plus assez ce qu’il regarde pour savoir quoi vérifier, quoi questionner ou quoi surveiller.


Le problème, ce n’est pas la délégation.

Le problème, c’est la délégation sans compréhension ni contrôle.

Un gestionnaire n’a pas besoin de tout faire lui-même. Par contre, il doit comprendre assez pour garder le contrôle sur l’essentiel.


Les états financiers ne servent pas juste à la fin de l’année

Trop de dirigeants regardent encore leurs états financiers comme un document qu’on reçoit une fois par année pour la banque, pour le comptable ou pour les impôts.


C’est une vision beaucoup trop limitée.

Le bilan, l’état des résultats et les autres indicateurs financiers devraient servir à piloter l’entreprise pendant l’année, pas seulement à expliquer le passé une fois que tout est joué, une fois qu’on ne peut plus rien faire!


Ils devraient permettre de répondre à des questions concrètes comme celles-ci :

Est-ce que mes ventes me rapportent réellement ce que je pense?

Est-ce que ma marge se tient?

Est-ce que mes frais fixes augmentent trop vite?

Est-ce que mes comptes clients nuisent à mes liquidités?

Est-ce que mes décisions récentes améliorent mes résultats ou les fragilisent?

Est-ce que mon entreprise est vraiment plus saine qu’il y a six mois?


Quand les chiffres sont compris et suivis régulièrement, ils deviennent un outil de décision. On ne les subit plus. On s’en sert.


Comprendre ses chiffres, c’est mieux gérer au quotidien

C’est là que le rôle des KPI et des tableaux de bord devient important.

Les états financiers sont essentiels, mais ils arrivent souvent après coup. Pour gérer efficacement, il faut aussi suivre des indicateurs simples, utiles et reliés à la réalité de l’entreprise.

Il faut savoir quoi regarder.

Il faut savoir à quelle fréquence.

Il faut savoir ce qui mérite une action rapide.

Il faut savoir reconnaître les écarts avant qu’ils deviennent des problèmes.


Autrement dit, il faut passer d’une logique de réaction à une logique de pilotage proactif.

Un dirigeant qui comprend ses chiffres peut agir plus tôt. Il peut corriger un problème de prix avant qu’il fasse mal sur douze mois. Il peut voir qu’un type de vente est moins rentable qu’il le croyait. Il peut remarquer qu’un problème de liquidités ne vient pas nécessairement d’un manque de ventes, mais d’un manque de suivi ou d’un fonds de roulement mal géré.

Et ça, ça change complètement la façon de gérer.


Un propriétaire n’a pas besoin d’être comptable, mais il doit être capable de voir clair

C’est souvent là qu’il faut rassurer les dirigeants.


L’objectif n’est pas de transformer chaque propriétaire en spécialiste de la comptabilité. L’objectif, c’est qu’il comprenne assez pour ne plus être étranger à ses propres résultats.


Il doit comprendre les grandes lignes d’un bilan.

Il doit comprendre ce qu’un état des résultats lui dit vraiment.

Il doit comprendre où se crée la rentabilité.

Il doit comprendre ce qui influence les liquidités.

Il doit comprendre quelques indicateurs clés.

Il doit comprendre assez pour poser les bonnes questions.


Cette base-là est loin d’être un luxe. C’est une compétence de gestion.

Parce qu’à partir du moment où un dirigeant comprend vraiment ses chiffres, il cesse d’être spectateur de ses résultats. Il redevient capable de les influencer.


Comprendre ses états financiers pour enfin gérer avec plus de clarté, de contrôle et de rentabilité

Au fond, comprendre ses chiffres, ce n’est pas une tâche administrative de plus. C’est une responsabilité fondamentale de gestion.


C’est ce qui permet de faire le lien entre les efforts investis et les résultats obtenus.

C’est ce qui permet d’éviter les mauvaises surprises de fin d’année.

C’est ce qui permet d’ajuster plus tôt, de décider avec plus de recul et de garder un vrai contrôle sur l’entreprise.

C’est ce qui permet aussi de distinguer clairement le rôle du comptable et celui du gestionnaire.


Un entrepreneur n’a pas besoin de faire lui-même toute la comptabilité.

Mais il ne peut pas se permettre de ne pas comprendre ce qu’elle révèle.


Parce qu’une entreprise ne se gère pas seulement avec du travail, du courage et de la bonne volonté.

Elle se gère avec de la compréhension.

Et si, en lisant ceci, tu te reconnais dans une partie de cette réalité, la vraie question n’est pas de savoir si tu travailles assez fort.


La vraie question, c’est celle-ci : comprends-tu assez tes chiffres pour diriger ton entreprise avec lucidité?


Si la réponse est non, il est peut-être temps de corriger ça maintenant, pas à la prochaine fin d’année.


C’est justement pour ça que j’offre, à partir du début mai, un parcours de formation pour aider les dirigeants à comprendre le bilan, l’état des résultats, les KPI et les tableaux de bord. L’objectif n’est pas de compliquer la gestion. L’objectif, c’est de donner enfin aux propriétaires les outils pour comprendre, analyser et gérer leurs résultats comme ils le devraient.


Parce qu’au final, mieux comprendre ses chiffres, ce n’est pas juste éviter les mauvaises surprises.


C’est commencer à gérer son entreprise à la hauteur de tout le travail qu’on y met.


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