top of page

Majoration vs marge de profit : pourquoi tes profits ne sont jamais ceux que tu penses

Tu as probablement déjà vécu ça.

L’année finit. Tu regardes ton chiffre d’affaires, tu te dis : « on a travaillé fort, on a facturé beaucoup… on devrait être correct ». Tu as même l’impression d’avoir mis un bon pourcentage sur tes prix. Et pourtant, quand tu arrives au vrai résultat, il reste moins que prévu. Parfois, il ne reste presque rien. Des fois, c’est même rouge.

Souvent, ce n’est pas parce que tu gères mal. C’est parce que tu ne calcules pas la même chose que ce que tu penses calculer.

La confusion la plus fréquente, et la plus coûteuse, c’est celle-ci : majoration sur le prix coûtant versus marge de profit.

Et ce détail-là, à lui seul, peut expliquer pourquoi “les profits ne sont jamais ceux auxquels tu t’attends”.


Majoration vs marge de profit : pourquoi tes profits ne sont jamais ceux que tu penses
Majoration vs marge de profit : pourquoi tes profits ne sont jamais ceux que tu penses

La différence, en mots simples

La majoration sur le prix coûtant, c’est quand tu prends ton coût et tu ajoutes un pourcentage dessus.


Exemple :Un travail te coûte 10 000 $. Tu dis : « je majore de 40 % ».Tu factures 14 000 $.Ton profit brut (avant tes frais fixes) est de 4 000 $.


La marge de profit, elle, se calcule sur le prix facturé. C’est la portion du montant que tu encaisses qui reste après avoir payé le coût direct.


Dans le même exemple :Tu factures 14 000 $ et ton coût est 10 000 $.Il te reste 4 000 $ sur 14 000 $.


Donc même si tu as “mis 40 %”, tu n’as pas 40 % de marge sur ton prix. Tu as une marge plus petite que ce que tu crois.


Et c’est exactement là que le piège se referme.


Le vrai problème : tu crois vendre à X, mais tu vends à moins

Quand quelqu’un dit : « je mets 30 % de profit », dans sa tête, il pense souvent : « sur ce que je facture, 30 % reste pour payer la gestion et faire de l’argent ».


Mais dans la vraie vie, beaucoup d’entreprises font plutôt : « j’ajoute 30 % sur mon coût ».


Ces deux phrases se ressemblent. Mais elles ne donnent pas le même résultat. Pas du tout!

Pour le montrer sans te noyer dans les formules, voici un exemple qui parle tout de suite.


L’impact en dollars de la majoration vs la marge de profit

On prend un exemple volontairement simple, qui s’applique à pas mal n’importe quelle entreprise de services ou de projets.


Supposons que pour faire 1,8 M$ de chiffre d’affaires, tes coûts directs (ce qui sert à livrer : achats, sous-traitance, main-d’œuvre directe, production, etc.) représentent 70 % des ventes.


Donc, sur l’année :Coûts directs = 1 260 000 $


Maintenant, compare deux réalités.


Situation 1 : tu appliques 30 % de majoration sur ton coût en pensant faire “30%”

Calcul de la majoration (sur le prix coûtant)

Prix de vente = coûts directs × (1 + majoration)

Application avec les chiffres

1 260 000 $ × (1 + 0,30) = 1 260 000 $ × 1,30 = 1 638 000 $


Ce que ça donne

• Tu pars de 1 260 000 $ de coûts directs

• Tu ajoutes 30 % “parce que tu veux 30 %”

• Résultat : tu factures 1 638 000 $

• L’argent qui reste avant tes frais fixes (profit brut) : 1 638 000 $ − 1 260 000 $ = 378 000 $

 

Situation 2 : tu vises réellement 30 % de marge sur ce que tu factures

Calcul de la marge (sur le prix de vente)

Marge = (prix de vente − coûts directs) / prix de vente


Si tu veux une marge de 30 %, ça veut dire que les coûts directs doivent représenter 70 % du prix de vente.


Donc :Prix de vente = coûts directs / 0,70


Application avec les chiffres

1 260 000 $ / 0,70 = 1 800 000 $


Ce que ça donne

• Avec les mêmes coûts directs de 1 260 000 $

• Tu ajustes tes prix pour que 30 % de tes ventes reste disponible

• Résultat : tu factures 1 800 000 $

• L’argent qui reste avant tes frais fixes (profit brut) : 1 800 000 $ − 1 260 000 $ = 540 000 $


Différence créée uniquement par une confusion de calcul

540 000 $ − 378 000 $ = 162 000 $

C’est 162 000 $ de moins dans tes poches!!


Pas parce que tu as été moins bon. Pas parce que tu n’as pas travaillé assez. Juste parce que tu as “mis ton pourcentage” sur la mauvaise base.

 

À quoi ça ressemble, 162 000 $, dans ton entreprise?

C’est là que ça devient concret.


162 000 $, c’est quoi pour un entrepreneur?


C’est :

  • Un salaire de dirigeant qui arrête de passer en dernier.

  • Une marge de crédit qui commence à descendre au lieu de rester “normale”.

  • Du vrai budget pour remplacer un camion, un ordinateur, une machine, sans étirer les paiements sur 7 ans.

  • Une capacité d’embaucher une ressource de plus pour enlever de la pression et arrêter de tout porter sur les épaules du propriétaire.

  • De la place pour faire des erreurs sans que ça vire en crise.

  • Ou juste, franchement, des vacances où tu ne passes pas ton temps à te demander si tu vas revenir dans le trouble.


Ce n’est pas un détail comptable. C’est de l’argent dans tes poches, ou de l’argent que tu n’auras jamais vu passer.

 

Pourquoi ça arrive si souvent

Parce que la majoration est facile à appliquer. Tu prends le coût, tu ajoutes un pourcentage, tu envoies la facture. Ça donne l’impression d’être “safe”.


Le problème, c’est que tes frais fixes ne se payent pas avec un pourcentage sur tes coûts. Ils se payent avec ce qui reste sur tes ventes.


Ton loyer, ton équipe de gestion, ton temps à toi, tes assurances, tes outils, tes abonnements, tes déplacements, tes erreurs, tes retours, tes imprévus : tout ça se paye avec l’argent disponible après le coût direct.


Si ta marge réelle est plus basse que tu penses, c’est là que le profit “disparaît”. Pas parce qu’il disparaît. Parce qu’il n’a jamais existé.

 

Pourquoi tes profits ne sont jamais ceux que tu penses : la conclusion sur majoration vs marge de profit

La confusion entre majoration et marge, c’est une des raisons numéro un pourquoi les profits ne sont jamais ceux que les entrepreneurs pensent être.


Tu peux avoir une entreprise occupée, un carnet plein, des employés sur le fly, des clients contents… et quand même arriver à la fin de l’année avec un résultat qui te déçoit. Pas parce que tu es mauvais. Parce que tu as calculé ton “profit” sur le coût, alors que ta réalité, elle, se paye sur les ventes.


La bonne question à te poser n’est pas : « quel pourcentage j’ajoute? »C’est : « une fois le coût direct payé, combien il me reste réellement pour payer tout le reste… et me payer moi?»


Parce qu’au final, un pourcentage, ça ne vaut rien si ça ne finit pas en argent dans tes poches.

 


N'oubliez pas de laisser un commentaire sous cet article pour partager vos réflexions, vos questions ou vos expériences sur le sujet. Vos commentaires sont précieux pour nous et peuvent également être utiles à d'autres lecteurs qui cherchent des conseils. Vous pouvez aussi suggérer des sujets d'articles qui vous seraient utiles.




Commentaires


bottom of page